Qu’est-ce qu’un Datacenter ?

Appelés « centres de données » en français, la construction de Datacenter « en neuf » et l’extension de Datacenter existant ont le vent en poupe. Selon une étude de l’entreprise J3e intitulée Cloud prospective 2017, « à paris, ce marché devrait être en croissance de 6 à 7 % en 2017 avec l’arrivée de plateformes Microsoft ou Amazon, une croissance inférieure à celle de Londres ou Amsterdam qui devrait atteindre 12 à 15 % ».

 

Essentiels pour stocker des informations numériques, ils sont au cœur de la révolution digitale et d’un univers complexe. De quoi s’agit-il exactement ?

  • A. Définition

    Très simplement, un Datacenter est un espace sécurisé dans lequel sont entreposés des équipements informatiques permettant le stockage de données d’une ou de plusieurs entreprises. On y retrouve ainsi principalement :

     

    • Des serveurs qui stockent des données (« serveurs de données »), qui hébergent des sites internet ou encore des applications (« serveurs applicatifs »). Les serveurs actuels existent sous différentes formes et dimensions : serveurs Web, serveurs d’applications, serveurs de messagerie électronique, serveurs de centres de données, serveurs de fichiers, serveurs d’impression et bien d’autres.
    • Une architecture réseau qui comprend routeurs, commutateurs, qui utilisent majoritairement la fibre optique.
    • Une alimentation électrique, matérialisée fréquemment par des groupes électrogènes.
    • Des firewalls qui assurent la sécurité.
    • Des armoires réseau, des baies, ou racks qui rassemblent l’ensemble de ces équipements.
    • Les connexions internet, concrétisées par des câbles réseau.
  • B. Sécurisation

    Ces équipements et ce qu’ils sous-tendent requièrent un fort niveau de « sécurité ». Cette sécurité, physique et digitale, vise à préserver l’intégrité des données par deux moyens principaux : En se protégeant des actions de piratage d’une part, et en assurant le bon fonctionnement des équipements d’autre part. 

     

    Pour cela, plusieurs éléments sont nécessaires :

     

    • L’accès - physique et digital - est restreint et sécurisé. Par exemple, les salles de stockage sont équipées de caméras de surveillance, voire de gardes qui surveillent les locaux (contrat de gardiennage) ainsi que de barrières grillagées interdisant l’accès.
    •  L’alimentation électrique peut être complétée par un groupe électrogène, qui prend le relai en cas de panne. Cette alimentation électrique peut également être doublée par des réseaux non conjoints.
    •  La salle est fortement climatisée pour éviter les surchauffes.
    •  Des sauvegardes (ou « back-ups ») sont généralement effectuées dans deux endroits distincts.
  • C. Stockage des données

    Plusieurs modèles de gestion des serveurs peuvent être envisagés. En voici deux principaux :


    L’entreprise a la possibilité de stocker ses données « en interne » : la société possède son propre centre de données, dans ses locaux. Elle garde alors le contrôle et son indépendance sur toute l’infrastructure, mais doit elle-même gérer les enjeux de sécurité. Cette solution est souvent considérée comme contraignante et coûteuse, car elle requiert de la place, des installations très spécifiques, une réactivité en cas de sinistre et le recrutement de personnel et de compétences dédiés. En outre, les centres de données à proprement parlé s'avèrent souvent être des locaux de l'entreprise, ce qui génère de nombreuses problématiques de sécurité et de fiabilité de l'environnement.


    Ainsi, l’entreprise peut choisir de stocker ses données « en externe » : l’entreprise externalise le stockage et/ou la gestion de ses données dans un Datacenter professionnel. Elle peut accéder ainsi à des technologies de pointe (serveurs plus performants, sécurité avancée, etc.), à un tarif avantageux et sans investissement initial supplémentaire. En outre, l’entreprise cliente bénéficie de services, de garanties complémentaires et d’offres personnalisées ainsi que de l’expertise plus pointue de l’hébergeur.


    Considérant ces divers avantages, et malgré les difficultés imposées par un déménagement éventuel, ou des services qui ne sont pas à la hauteur des attentes, la tendance actuelle est à l’externalisation des systèmes d’informations, notamment sur le Cloud.

     

  • D. Transformations digitales

    La tendance à l’externalisation s’appuie principalement sur la révolution digitale qui est en cours actuellement aussi bien dans les sphères privée ou publique que dans l’usage quotidien des particuliers.


    Parmi les changements majeurs, on observe une explosion du trafic de données numériques. Que ce soit à cause de la dématérialisation des informations professionnelle et privée, l’essor des smartphones, tablettes et autres objets connectés. L’Internet des objets (ou web 3.0) est ainsi passé dans le langage courant. De plus en plus d’objets physiques et/ou virtuels sont interconnectés, et ce dans tous les domaines et pour tous les usages (médecine, éducation, domotique, etc.). Une analyse du cabinet IDC projette ainsi que l’univers numérique pèsera 44.000 milliards de giga-octets en 2020, soit 10 fois plus qu’en 2013. Une autre étude de l’entreprise Cisco projette le nombre d’objets connectés à 50 milliards en 2020, contre 20 milliards en 2015 (x 2.5). Caméras de surveillance, sondes météo, cartes bancaires et autres télescopes géants constituent déjà des mines d’informations considérables pour les secteurs concernés. Mises en réseau ou rendues publiques, elles profitent désormais à bien d’autres domaines. La nouveauté, c’est la capacité à croiser toutes les données en provenance des capteurs, du Web et de l’open data


    Enfin, les données échangées sont de plus en plus volumineuses. Les technologies de transfert et de stockage, et donc les infrastructures sous-jacentes, doivent évoluer dans ce sens. Face à cette explosion du volume de données numériques, les Datacenters se développent donc constamment, tant du point de vue quantitatif que qualitatif.


    Une nuance doit cependant être apportée. S’agissant d’une éventuelle corrélation entre croissance du volume (et nombre) de données et croissance des équipements physiques, il est difficile d’être catégorique. En effet, les techniques de compression et la performance des serveurs augmentent exponentiellement et engendrent une diminution de l’espace de stockage ou d’application requis. En 2012, le cabinet d’études IDC mentionnait toutefois que dix fois plus de serveurs seraient nécessaires pour gérer la masse de données additionnelles à venir (cf. le journal Libération).
     

  • E. Quelques chiffres

    S’agissant des équipements, de nombreuses armoires électroniques (appelées « racks ») sont alignées les unes à côté des autres et forment des allées rectilignes. Voici quelques ordres de grandeur afin de mieux visualiser l’espace requis : chaque rack mesure environ 50 cm de large et est composé de plusieurs unités (U) de 4,5 cm de haut. La hauteur ne dépasse pas 3.5m pour que soient facilités les gestes de proximité nécessaires au bon fonctionnement des serveurs.

    La taille du Datacenter dépend du nombre de serveurs / baies entreposés : certains font quelques centaines de mètres carrés, quand les plus grands peuvent atteindre 75.000 m².


    Le nombre de Datacenter a fortement augmenté depuis quelques années. Alors qu’il existait 2087 Datacenters à travers le monde en 2011, on en compte désormais 4058 répartis dans 118 pays. Parmi eux, 40,6 % sont situés aux États-Unis, 5,9 % au Royaume-Uni, 4,5 % en Allemagne et 3,8 % au Canada.


    En 2016, la France possédait environ 180 Datacenters, dont 1/3 en région parisienne (en nombre de Datacenter, non en surface). Les autres étaient répartis dans tout le pays, principalement autour des grandes villes. Cette répartition géographique s’explique historiquement par les besoins spécifiques des Datacenters, notamment en puissance électrique et en connexion Internet (fibre optique).


    Dans le domaine énergétique, et selon une étude menée par ENR'CERT, la consommation énergétique d’un Datacenter représente 49 % de ses charges et 40 % de l’énergie est dédiée au refroidissement des serveurs. À titre de comparaison, la consommation énergétique d’un centre de données est 37 fois supérieure à celle d’une habitation. D’ailleurs, en France, 9 % de la consommation électrique est imputable aux Datacenters.

  • F. Quelques acteurs

    On trouve des Datacenters partout dans le monde, mais les plus gros hébergeurs – aussi bien pour la location que la colocation de serveurs – sont basés aux États-Unis (Phoenix, New York, Sacramento) et en Asie (Hong-Kong, Shanghai, Singapour).


    Il est à noter que c’est un marché complexe par la diversité des acteurs qui s’y sont introduits. En effet, par sa croissance, il attire toujours plus, et des entreprises présentes sur d’autres marchés sont venues compléter leur offre de services, ou bien présenter un service complètement intégré comprenant l’hébergement.


    Voici quelques exemples de société appartenant à 5 familles d’acteurs :

     

    •    Les opérateurs traditionnels de Datacenter : Equinix, Interxion, Global Switch, ITRoute
    •    Les opérateurs Télécom : Orange, Iliad, Completel
    •    Les géants du web et du cloud computing : Google, Amazon, Microsoft avec chacun leurs solutions spécifiques.
    •    Les ESN (Entreprise de Service du Numérique) : Sogeti, Sopra-Steria, Atos-Bull, IBM
    •    Les hébergeurs à valeur ajoutée : OVH, Ikoula, Amen


    Remarque : des sociétés comme Google, Facebook ou Amazon ont été amenés à investir, au fil de leur développement, dans leurs propres infrastructures Datacenters, et ce à cause de la masse de données vertigineuse qu’ils récupèrent et traitent au quotidien.


    Pour une segmentation plus détaillée et structurée, une étude de la CDC sur ce sujet, publiée en 2014, s’avèrera particulièrement édifiante.

En conclusion,

Il est essentiel de comprendre que le Datacenter est devenu un outil incontournable de la transformation digitale des entreprises, tant pour l’entreposage que pour le transfert des données numériques. Les sociétés préfèrent alors confier le stockage de leurs données à des hébergeurs professionnels. Ainsi, pour attirer des entreprises étrangères et stimuler l’économie nationale, chaque état a tout intérêt à encourager le développement de Datacenters sur son territoire.

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